20 % de CO₂ en moins par oeuf : Delhaize réduit les émissions de 335 tonnes lors d’un premier projet pilote belge
Un concept d'alimentation plus durable démontre comment de petits oeufs peuvent avoir de grands effets sur le climat
30/03/2026Kobbegem, 30 mars 2026 – Juste avant Pâques, la fête traditionnelle où les oeufs garnissent les tables belges, Delhaize, le leader de la distribution en Belgique, lance un projet pilote visant à réduire l’empreinte climatique des oeufs. En collaboration avec Kempische Eierhandel et l'établissement de ponte Kakelhof Ron, l'alimentation des poules a été adaptée afin de réduire d'environ 20 % les émissions de CO2 par oeuf – sans pour autant en sacrifier le goût et la valeur nutritionnelle.
Le choix du moment fait sens : à une période de forte demande pour les oeufs, Delhaize prouve qu’un produit de tous les jours aussi familier peut encore gagner en durabilité. Notre ambition à terme est de permettre aux consommateurs de choisir des œufs à moindre impact sur le climat. Avec ce projet, Delhaize franchit une nouvelle étape concrète dans sa volonté de collaborer avec les agriculteurs belges pour rendre la chaîne alimentaire plus durable, de façon mesurable.
Petits oeufs, grands effets
Les œufs constituent une véritable source d'énergie et possèdent une grande valeur nutritive. Pour de nombreuses familles, ils sont un incontournable de la cuisine : savoureux, polyvalents, abordables et riches en protéines de qualité et en vitamines essentielles telles que les vitamines B12, D, A et B2.
Les oeufs obtiennent aussi des résultats relativement favorables en matière de climat. Selon les chiffres de Blonk Consultants (2022), les émissions moyennes d'oeufs bruns de poules élevées au sol sont d'environ 2,27 kg d'équivalent CO₂ par kilogramme d'œufs. L'impact sur le climat est ainsi jusqu'à 20 fois moindre comparé à celui de la viande de porc et de bœuf, et s’approche des niveaux observés pour certaines sources de protéines végétales.
Il ne faut néanmoins pas sous-estimer les effets de ce projet : Delhaize vend plus de 135 millions d'oeufs par an. De petites améliorations apportées sur chaque oeuf produisent donc des résultats significatifs à l’échelle de la chaîne.
Les œufs allient une valeur nutritionnelle élevée à une charge environnementale relativement faible ; c'est pourquoi on les décrit souvent comme naturellement efficients sur le plan nutritionnel : ils contiennent de nombreux nutriments essentiels tout en ayant une incidence limitée sur le climat. Ils jouent un rôle important dans un régime alimentaire où la santé et la durabilité vont de plus en plus souvent de pair.
L’alimentation comme levier pour la durabilité
Tout qui souhaite réduire davantage l'impact climatique des œufs, en vient automatiquement à s'intéresser à l'alimentation des poules. L'analyse de Blonk Consultants (2022) montre qu'environ 1,81 kg d'équivalent CO₂ par kilogramme d'oeufs, soit près de 80 % des émissions totales, est directement lié à l’alimentation des poules. C'est donc là que réside le principal levier pour la durabilité.
Dans le cadre de l'alimentation animale traditionnelle, le soja est l'un des ingrédients qui entraînent le plus de répercussions, notamment en raison du changement d'affectation des sols (Land Use Change – LUC) et de la déforestation qu’il implique dans certaines régions. Dans le cadre de l'essai mené chez Kakelhof Ron, le soja a été partiellement remplacé par des alternatives à moindre impact environnemental, comme le gluten de maïs, le tourteau de tournesol, les protéines de pomme de terre et les résidus tels que la farine de pain.
L'alimentation adaptée, qui reste parfaitement équilibrée sur le plan nutritionnel, est introduite à partir de la semaine 30 du cycle de vie des poules pondeuses. Les poules demeurent en bonne santé et productives, tandis que la valeur nutritionnelle des œufs est préservée.
Sur la base d'analyses antérieures, l'objectif est de réduire les émissions de CO₂ d'environ 20 % sur l'ensemble du cycle de ponte. Cette diminution représente environ 335 tonnes d'équivalent CO₂ par cycle. À titre de comparaison, cela correspond à environ 50 fois le tour du monde en voiture.
L'essai montre que des ajustements ciblés dans la composition des aliments pour animaux peuvent avoir un impact significatif et mesurable, à condition de maintenir un équilibre minutieux entre l'impact environnemental, les performances animales et la viabilité économique.
Investir ensemble dans la transition
Le projet pilote s'inscrit dans le cadre d'une approche plus large au sein de The Lion's Footprint, le plan de développement durable de Delhaize, qui s’applique à l'ensemble de l'organisation, du développement de produits à la logistique et en passant par les magasins. Le plan encourage les innovations ciblées, la communication transparente et la collaboration avec les partenaires, dans le but de réduire structurellement l'empreinte écologique de l'ensemble de la chaîne.
Dans le cadre de cette approche, Delhaize met en place des trajets innovants avec les agriculteurs et les éleveurs belges afin de développer des méthodes (pratiques) plus durables et de réduire les émissions de manière mesurable.
« Aujourd'hui, les agriculteurs sont soumis à une pression croissante pour devenir durables », déclare Charlotte De Vroey, Sustainability Director chez Delhaize. « Mais il n'est pas réaliste de s'attendre à ce qu'ils apportent des solutions et assument seuls les charges financières de cette transition. Un système alimentaire durable ne peut fonctionner que si les agriculteurs peuvent aussi en tirer un revenu décent. C'est pourquoi la collaboration tout au long de la chaîne est essentielle : les distributeurs, les fournisseurs, les producteurs et les décideurs politiques doivent assumer ensemble la responsabilité de rendre la transition viable et adaptable à grande échelle. »
C'est pourquoi Delhaize investit activement dans ces trajets : elle finance la recherche, soutient l'innovation et paie une prime aux agriculteurs participants à certains projets pilotes. Les initiatives commencent délibérément à petite échelle, principalement au sein de l'assortiment à marque propre. La production à plus grande échelle reste un défi, car les produits à faible empreinte carbone entraînent souvent des coûts plus élevés pendant la période de transition. Néanmoins, cette approche commune est essentielle pour réaliser des progrès structurels dans la chaîne alimentaire.